Le choix des armes

En ce début de semaine, la France se réveille avec la gueule de bois et le cul qui fait mal. Une France qui, avec près de 130 personnes tuées en plein Paris, parle déjà de vengeance.

Sans aucun doute, nous allons maintenant être bombardés ad nauseum par les aboiements excités des agitateurs de haine et extrémistes de tout poil. Les récupérateurs, les donneurs de leçon, les "on-aurait-dû ya-qu'à faut-qu'on". Ceux qui auront des bouc-émissaires faciles, et qui vont pointer du doigt (si ce n'est pas du pied) les musulmans, les migrants, les pacifistes. Ceux qui veulent que l'on s'enferme sur nous-même, que l'on érige un bastion avec des murs aussi hauts que leur connerie pour repousser ceux qui continuent de fuir le même danger que nous.

Et si on réfléchissait une minute ?
L'émotion est forte, et ce n'est pas facile de réfléchir quand on est en colère. Mais essayons, juste une minute.
Les barbus de Daesh ne sont pas débiles. Ce sont des enculés de connards de merde, certes, mais pas des cons. Ils savent qu'on va vouloir leur botter le cul. Ils savent que le sentiment anti-musulman en France va se renforcer. Ils savent qu'encore plus de voix s'éléveront contre l'accueil des migrants Syriens.

Pas besoin de réfléchir longtemps pour se rendre compte que c'est exactement ce qu'ils cherchent. Parce que chaque habitant d'une zone bombardée en Syrie, chaque musulman stigmatisé en France, chaque migrant refusé à la frontière est un candidat de plus pour rejoindre leurs rangs. "Vous voyez, on vous l'avait dit, l'occident vous déteste. Nous sommes la seule voie pour vous".
Le meilleur coup de pied au cul que Daesh ait reçu jusqu'à présent, c'est la déclaration Allemande en faveur de l'acceuil des migrants. Parce que ça coupe leur fond de commerce... en offrant une autre alternative aux peuples qu'ils veulent soumettre.

Alors, juste une minute de recul, pour laisser notre taux d'adrénaline redescendre un peu, et réaliser que la meilleure réponse à la provocation n'est pas de foncer tête baissée dans le piège qui nous est tendu.

Aujourd'hui, un peu partout en France, une minute de silence a été observée. J'espère qu'elle aura permis à chacun de réfléchir à cela. Et quand la Marseillaise a retenti à la fin de cette minute, et que tout le monde a chanté en choeur "aux armes citoyens", j'espère que les Français ont réalisé que notre plus grande force, c'était encore de garder le choix des armes.